Flottement dans l'intermonde
Terrain à Riyad, Arabie Saoudite.

Flottement dans l'intermonde

Réflexion de terrain

écrit pour les voeux 2014

Il se dit que le monde désormais est un village, tant les promesses de mobilité rapprochent nos départs de nos arrivées, nous font habiter là, puis là et désolé on s’est raté, je repars ce soir.

Plus grand chose n’arrête celui qui peut s’enorgueillir de savoir accoster ici ou là, comme chez soi. Puisque les lieux suffisent à se montrer dans l’image insta, que les cultures sont à portée de like, le voyage est un flottement en vol direct uniquement.
On sent bien qu’il nous ment pourtant, ce transport qui se prétend rapide: il raccourcit le temps et nous fait croire, dans le mouvement perpétuel qu’il appelle, que le voyage n’est qu’affaire de déplacement.

Fragile à la surface, l’ethnologue lui n’a d’autre choix que de s’appesantir. Pour saisir au delà du fragment, il faut s’arrêter et rester. Un décadrement nécessaire qui dans nos temps remués est devenu salutaire : presque une thérapie qui redonne de l’épaisseur au temps naturel.

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